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Equipe de recherche EPIN
Ecritures, Pratiques et Interactions Numériques

Domaine

Les membres de l’équipe EPIN inscrivent très majoritairement leurs recherches en sciences de l’information et de la communication. Cette discipline se caractérise par sa très grande ouverture aux autres disciplines ; laquelle ouverture se manifeste tant dans l’emprunt aux cadres méthodologique et théoriques d’autres disciplines, que dans l’ouverture à des objets d’études transdisciplinaires demandant la collaboration de plusieurs approches, ou dans les processus de qualification disciplinaire (qualification de docteurs issus d’autres disciplines). C’est cette interdisciplinarité qui permet de penser ensemble les dimensions techniques, symboliques et sociales des phénomènes de communication.

Les dispositifs

L’équipe EPIN est attachée à la notion de « dispositif » : qu’elle soit saisie comme un concept ou comme un objet d’étude (les dispositifs numériques).

La singularité de l’équipe EPIN est de rentrer dans les dispositifs numériques par 1) l’écriture (entendue au sens large d’inscription de signes interprétables sur un support qui la rend possible et qu’elle modifie) et 2) des pratiques interactives. La plupart des chercheurs de l’équipe dit se situer à l’articulation de ces deux volets.

Les dispositifs d’écriture numérique et leurs évolutions

Un premier volet du projet EPIN concerne la réflexion que nous devons mener, dans une perspective interdisciplinaire, sur l’écriture numérique. Dans les trois ans à venir, il conviendra de définir précisément ce que nous entendons par écriture numérique (quelle définition, quelles caractéristiques, quelles bornes) . Notre idée est que toute forme de communication à l’ère de l’Internet passe par une écriture, et que cette écriture numérique est singulière en ce sens qu’elle n’a pas le même statut que l’écriture alphabétique, ou chinoise (systèmes de signes différents). En effet, l’écriture numérique ne crée pas un nouveau système de signes, mais se caractérise par la possibilité d’articuler des systèmes de signes différents. Les échanges au sein de l’équipe ont mis en avant l’importance de considérer non seulement les transformations sociales induites par la généralisation de l’écriture numérique, mais aussi les transformations de l’écriture numérique elle-même, qui évolue année après année, à une vitesse fulgurante, par comparaison avec d’autres changements sociaux. En effet, il ne s’agit pas de laisser entendre que les « dispositifs d’écriture numériques » seraient caractérisables une fois pour toute à un moment donné de l’histoire mais bien intégrer la dynamique de changement permanent au sein même de ces dispositifs.

Les pratiques et interactions numériques et leurs évolutions

Sous dépendance des conditions de production des écritures numériques, il se joue autre chose qui ne relève pas seulement de l’écriture, mais de l’interaction sociale en tant qu’elle se reconfigure d’une façon spécifique, grâce aux opportunités nouvelles et/ou à cause de contraintes nouvelles que genèrent l’usage social de plus en plus généralisé des outils numériques, voire ce que l’on appelle parfois « l’informatisation du monde social ». Un deuxième volet du projet EPIN concerne la réflexion que nous devons mener sur les "interactions numériques". Dans les trois ans à venir, il s’agira de travailler cette notion qui permet d’intégrer les transformations dans les pratiques sociales (professionnelle, amicales, familiales, politiques…) - transformations des modalités individuelles d’action, voire des comportements ou attitudes sociaux.les, transformations dans le rapport à autrui (les conceptions contemporaines des liens d’amitiés à l’ère numérique, le sentiment de "faire partie" d’un réseau de contacts comme d’un groupe social), transformations dans le rapport au monde (modalités de recherches d’informations sur la société, l’actualité, la planète). Qui plus est, il s’agira de prendre la mesure de l’historicité interne des dispositifs d’interactions numériques, parce que l’on ne conçoit déjà plus, en 2015, les modalités de collaborations numériques dans le travail, dans la famille, dans la cité, de la même façon qu’en 2005... Les histoires de Wikipedia, Facebook, Twitter, SPIP, etc. construisent déjà une histoires séquencée des dispositifs d’interactions numériques tels qu’ils sont conçus par les acteurs sociaux comme possibles/souhaitables/utiles/dépassés/pionniers, etc.

Le groupe EPIN dans le centre COSTECH

Le débat autour de la singularité d’EPIN est aussi l’occasion de réfléchir à la tension entre resserrement de l’équipe et ouverture aux autres équipes de Costech. Si la notion d’écriture nous rapproche de certaines des réflexions conduites dans CRED (autour de la question des "traces" par exemple), les travaux menés sur les pratiques nous rapprochent de certaines des réflexions conduites dans CRI.

Enfin, la notion de « dispositif » semble nous prémunir d’un éloignement d’avec les autres équipe car elle croise plusieurs des groupes de concepts intégrateurs de Costech de manière féconde, soulevant des problèmes scientifiques tels que :
• « Instrument et médiation  » : comment/dans quelle mesure les dispositifs d’écriture numériques reconfigurent-ils la médiation politique et scientifique ?
• « Inscription et support  » : de quelle manière les dispositifs d’écriture numérique, en tant que support d’inscription, affectent-ils l’intelligibilité des inscriptions / les effets de sens (comment reconfigurent-ils l’expression des identités, les débats publics, etc.) ?
• « Milieu et interaction  » : dans quelle mesure l’entrée dans l’objet d’étude par les dispositifs d’écriture et d’interactions numériques permet-elle de ne pas soumettre le terrain au cadre théorique (question épistémologique) ?
• « Modèle(s) et complexité(s)  : il est plus difficile de croiser la notion de « dispositif » avec ce groupe car s’il existe une tradition, en SIC, qui associe « dispositif » et « complexité », le terme de « modèle », en revanche, ne reçoit pas la même acception que celle que semble privilégier la direction du laboratoire. En SIC, le modèle penche soit du côté de la théorie, soit du côté de la représentation schématique.
• « Collectif, autorité, pouvoir  » : dispositif et pouvoir ou autorité sont des notions qui travaillent ensemble : Observe-t-on une évolution des rapports de pouvoir au sein des collectifs dans les dispositifs d’écriture et d’interactions numériques ; Dans quelle mesure ces derniers induisent-ils une reconfiguration de l’autorité et des rapports de pouvoir dans les collectifs ?



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