Résumé

Ni « revue scientifique » au sens classique et toujours actuel, ni simple « bulletin d’annonces » des activités d’un laboratoire, les Cahiers Costech expérimentent un dispositif éditorial valorisant les travaux intermédiaires de la recherche (avec relectures et validations scientifiques) et la publication en accès ouvert (y compris par réédition de publications achevées mais peu accessibles), tout en favorisant un pluralisme organisationnel & intellectuel laissant aux chercheurs responsables de chaque rubrique le soin de définir leurs agendas scientifiques, les types de publications pertinents ainsi que leurs régimes de relectures et validations.

La valorisation de la « recherche en train de se faire » adopte des formats très divers de publications (communications et posters en colloques, notes de recherche, working papers, recensions, conférences et séminaires enregistrés, rapports de recherche, synthèses thématiques, compte-rendu de terrains...), en accès ouvert. La « réédition en accès ouvert » respecte les droits des premiers éditeurs (ex. : publications de chapitres de livres avec leurs autorisations) et le droit des auteurs de réédition en accès ouvert de leurs publications 12 mois après parution en périodique (article 30 de la loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016).

Ce numéro 1 inaugure le dispositif éditorial conçu par le Costech-UTC, en assemblée générale et en conseil de laboratoire, après plusieurs mois de réflexions collectives sur les formes de communication scientifique à l’ère de l’éditorialisation numérique et de l’accès ouvert aux publications. Pour les besoins de ce lancement, le premier numéro réunit une forte proportion de travaux issus des recherches internes au Costech-UTC mais la revue lancera des appels à contribution ouverts à tous les chercheurs travaillant sur le domaine des recherches technologiques en sciences humaines et sociales. Ce type de recherches technologiques, portant sur des terrains socio-économiques contemporains, est présenté dans le rapport d’activité de l’unité Costech.

Auteurs

Jérôme Valluy est enseignant à Paris 1 et chercheur au Costech-UTC ; Rédacteur en Chef des Cahiers Costech. Ses travaux portent sur les transformations numériques des métiers et usages sociaux dans le secteur universitaire ainsi que, plus largement, dans les domaines de l’éducation, la recherche et la culture.

Aurélie Veyron-Churlet, Web-designer des Cahiers Costech a étudié en Information et Communication à Lyon2 (2000/2004), puis en philosophie à Paris 8. Elle a travaillé pour l’organisation, l’animation et l’édition numériques de la recherche depuis 2004... L’owell.co est le nom de sa société spécialisée dans la conception et la réalisation tournée vers le Web, l’édition et la publication multi-support, la PAO, l’infographie, la communication et la diffusion.

Serge Bouchardon est Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication (CNU 71) à l’UTC, Directeur du Costech, agrégé de lettres modernes, chef de projet pendant six ans dans l’industrie du multimédia éducatif ; son travail de recherche porte sur la création numérique (en particulier la littérature numérique), mais aussi plus largement sur toutes les formes d’écriture numérique (écriture interactive, multimédia, collaborative).

Introduction : un projet du Costech-UTC

Extrait du bilan/projet de l’unité (octobre 2016 – Annexe 9, p.186) :

«  Les "Cahiers Costech" - Projet de revue scientifique, en ligne / en accès ouvert, sur le domaine des sciences humaines et sociales, lettres et arts relatifs à la technique et à la technologie.


Le Conseil de Laboratoire du 5 novembre 2015 a décidé de relancer la publication des « Cahiers Costech », avec une phase d’expérimentation, une mise en discussion lors de l’Assemblée Générale de juin 2016 et une mise en oeuvre à l’automne. Lors de sa réunion du 25 février 2016, il a validé le cahier des charges et le devis proposé pour la réalisation du système de gestion de contenus (CMS) de la revue en ligne.

Ce projet de revue créée et animée à partir du laboratoire s’inscrit dans une évolution nationale et internationale – étudiée par plusieurs chercheurs du Costech – affectant les conditions et formes de publication des revues scientifiques en sciences humaines et sociales. La situation économique des revues en SHS se détériore. Les politiques publiques européennes et nationales incitent les chercheurs du service public à publier en libre accès (cf. Projet de loi « Pour une République Numérique », art.17 et 18). L’audience des articles publiés sur papier ou en accès payant en ligne devient faible. Les archives commerciales, institutionnelles ou collaboratives présentent des faiblesses : faible participation des auteurs à la conception technologique d’éditorialisation ; formats d’affichage vétustes et peu valorisants ; mélange de publications inégales peu différenciées ; faible adaptabilité aux évolutions technologiques très rapides dans ce domaine. Dans ce contexte, et sans préjuger de l’utilité et de la pérennité d’autres modèles de publication, l’une des solutions à expérimenter est celle de la revue en ligne et en accès ouvert immédiat et intégral, conçue et animée par un laboratoire associant des chercheurs extérieurs pour les relectures scientifiques.

Les « Cahiers Costech » ont vocation à augmenter la visibilité des travaux scientifiques en sciences humaines et sociales, arts et lettres relatifs à la technique et à la technologie, notamment aux recherches produites dans des établissements de technologie (universités de technologie, écoles d’ingénieurs, instituts universitaires de technologie…). Tant en ce qui concerne ce domaine de recherche en SHS sur la technique et la technologie, qu’en ce qui concerne les SHS dans ces établissements de technologie, des décalages existent encore vis-à-vis des cadrages éditoriaux issus de disciplines spécifiques mais aussi de beaucoup de revues et collections d’ouvrages. Le projet « Cahiers Costech » vise à créer, à échéance de quelques années, une revue scientifique de référence sur ce domaine, reconnue comme telle par la communauté scientifique.

Les « Cahiers Costech » permettront aussi, par un système de rubriques multiples, ponctuelles ou récurrentes, thématiques ou fonctionnelles, de valoriser les activités du laboratoire et de ses membres (séminaires, journées d’étude, projet de recherche, doctorats, formations, compte-rendus, publications diverses, etc.). La revue accueillera dans des rubriques gérées selon des règles de validation différentes de l’une à l’autre, divers types de publications clairement différenciées selon leurs statuts soit d’articles validés selon les usages scientifiques, traditionnels ou émergents (relecture en double aveugle, relectures et discussions « open science »), soit de « working papers » à reprendre et retravailler pour d’autres supports, soit de présentations informatives des activités du laboratoire et partenaires. Elle associera des regroupements synchrones et asynchrones de publications, divers types d’écritures numériques (écrits, sons, images, vidéos...), de formats (html, pdf, ePUB…) et moyens de diffusion (listes de diffusion, réseaux sociaux…). »

1. Une organisation éditoriale pluraliste

Ce dispositif éditorial repose d’abord sur une conception pluraliste de l’organisation pratique et intellectuelle de la revue. Les véritables « rédacteurs en chef » sont les « responsables de rubriques » : ils définissent le cadre thématique de leurs rubriques respectives, suscitent des propositions de publications, assurent la relecture pour correction et discussion avec les auteurs ainsi que la validation finale ; ils prennent en charge également les fonctions de secrétariat de rédaction et d’edimestre, ce qui permet de répartir ces charges de travail entre un grand nombre de personnes.

Parmi les divers modes d’affichage des publications, seule la « rubrique » constitue un cadre éditorial de relecture, validation et publication. Chaque rubrique est créée par le Rédacteur en Chef de la revue, seulement lorsqu’un-e ou plusieurs personnes volontaires pour s’en occuper en font la demande : de ce fait, elles ne couvrent pas tous les segments du domaine scientifique de la revue. L’affichage des publications dans chaque rubrique se fait, pour le moment, par ordre chronologique inversé de mis en ligne, de même que dans les autres collections.

Le Comité de rédaction des Cahiers Costech se charge du contrôle a posteriori des créations et présentations de rubriques, types et tags, ainsi que du contrôle a posteriori des procédures de relecture et validation dans chaque rubrique.

Les rubriques peuvent être « ponctuelles » ou « récurrentes » ou « permanentes » : les premières ne sont ouvertes que pour un seul numéro ; les secondes réapparaissent de numéros en numéros aussi longtemps que les responsables de rubriques souhaitent s’en occuper ou que le Comité de rédaction en constate l’inactivité et la nécessité de les fermer ; les dernières (« Varia », « Doctorats, Habilitations », « Ouvrages reçus ») devraient logiquement être permanentes. Pour le moment, douze rubriques thématiques ont été ouvertes, l’avenir dira celles qui sont ponctuelles et celles qui sont récurrentes. La configuration technique du site devra alors être amendée pour distinguer visuellement les rubriques « ponctuelles » des rubriques « récurrentes » en valorisant de la même façon toutes les publications et toutes les rubriques :

RUBRIQUES :
 
 
 
Permanentes : ● Varia ● Doctorats, Habilitations ● Ouvrages reçus

2. Une éditorialisation numérique sophistiquée et soignée

Le second aspect de ce dispositif éditorial concerne la multiplicité des modes d’affichages possibles (Maquette responsive) gérés par le site développé sous « CMS » Content Management System / système de gestion de contenus) SPIP. Les affichages varient en fonction du support de lecture : ordinateurs, tablettes, smartphones. Le sommaire général, par exemple, apparaît en colonne de gauche, avec des menus déroulants, sur ordinateur et en un bloc de menus déroulants en haut à gauche des écrans de tablettes et smartphones (l’affichage pouvant varier encore selon l’inclinaison du support en mode « portrait » ou en mode « paysage ») ; l’Ours est en colonne latérale à droite sur les écrans d’ordinateurs et renvoyé en bas de page sur les tablettes et smartphones, etc.

Le modèle éditorial prévoit que chaque publication soit éditée dans une rubrique tout en étant indexée à d’autres objets éditoriaux, ce qui permet de redistribuer les publications dans les collections correspondant aux mots-clefs introduits dans chaque publication : la Une, les numéros, les types documentaires, les équipes de recherches, les tags (thématiques & transversaux), les auteurs, les activités… Il affiche les publications par ordre chronologique inversé de mise en ligne dans toutes les collections sauf dans la présentation du « Numéro » structuré par rubrique mais en conservant encore cet ordre à l’intérieur de chacune d’elles.

La Une

A la Une des Cahiers Costech s’affiche en permanence la totalité des publications. Le site affiche huit publications, en mosaïque, par page lue sur un ordinateur et les affiches en colonne verticale sur tablettes et smartphones (ou en mosaïque en mode « paysage »). Il faut tourner les pages avec le bouton « page suivante » en bas d’écran pour suivre le fil des dernières publications : http://www.costech.utc.fr/CahiersCOSTECH/

Les numéros

Chaque numéro correspond moins à un instant de publication d’un ensemble de productions qu’à une période d’activation plus intense du travail éditorial pendant plusieurs semaines ou mois : les publications sont mises en ligne au fur et à mesure de leurs validations (le numéro « en train de se faire » apparaît ainsi aux yeux des visiteurs) ; le numéro est diffusé sur les réseaux sociaux et listes de diffusion à une date donnée de lancement (l’audience du numéro augmente alors considérablement pendant plusieurs jours) ; des travaux peuvent continuer à être publiés dans ce numéro après cette date, « au fil de l’eau »… jusqu’à une nouvelle date, charnière, interne au travail de la revue, de lancement des préparatifs du numéro suivant. Le premier numéro des Cahiers Costech sera lancé le 23 juin 2017 lors de l’Assemblée Générale annuelle du centre de recherche Costech-UTC : 1 (2017)

Les types documentaires

Les types documentaires décrivent un ensemble de genres, formes et modalités de communications scientifiques ou didactiques correspondant aux deux dimensions constitutives de la revue : « recherche en train de se faire » et « (ré)édition en accès ouvert » de travaux en SHS.

La grande amplitude de cette typologie montre l’importance des phases intermédiaires du travail des chercheurs en SHS et le besoin de faire connaître et de publier de façon valorisante ces productions scientifiques préalables aux publications classiques en livres et revues mieux connues du grand public mais qui méconnaît trop souvent l’ampleur des travaux intermédiaires et préparatoires. La typologie prend en compte les relations étroites entre recherche & enseignement telles qu’exposée dans la définition du type « Supports de formation ».

Au stade de ce premier numéro, vingt types documentaires ont été définis et cette liste de collections reste ouverte à des ajouts lors de la préparation des prochains numéros. Chaque type est précisément définit de façon à susciter chez les chercheurs le réflexe de publication/valorisation de leurs travaux intermédiaires. Tous les types documentaires sont définis sur le site de la revue mais tous n’ont pas donné lieu à une publication dans ce numéro 1 (les quinze utilisés dans ce numéro sont précédés d’un point orange dans la liste ci-dessous, les autres sont seulement définis). Pour assurer l’homogénéité de collection dans chaque type, une publication ne peut être indexée qu’à un seul type documentaire (même si certaines d’entre elles pourraient relever de plusieurs types) :

20 TYPES DOCUMENTAIRES
● définition seule  définition & publication(s)
 

Les équipes de recherche

Les équipes de rattachement des auteurs sont, dans ce premier numéro, pour la plus grosse proportion des publications, celles du centre de recherche Costech-UTC. Mais ce numéro 1 accueille des publications des chercheur.e.s de l’équipe Interact de l’UniLaSalle, partenaire de longue date du Costech-UTC, par de multiples coopérations (cotutelles de thèses de doctorats, chercheurs-associés, programmes de recherches, séminaires communs…) dont nous remercions particulièrement les chercheur.e.s pour leurs contributions à ce numéro inaugural.

Ces coopérations inter-établissements se renforcent encore depuis la création du groupement d’intérêt scientifique « UTSH - Unité des Technologies et des Sciences de l’Homme » avec Costech de l’UTC, Interact de l’UniLaSalle, Tech CICO et CREIDD de l’UTT, RECITS de l’UTBM : toutes les contributions des chercheur.e.s de ces centres de recherche seront particulièrement bienvenues dans les Cahiers Costech. Nous envisageons par ailleurs une complémentarité des activités éditoriales avec le gis-UTSH si celui-ci met en œuvre un projet, en cours d’étude, de création d’une collection d’ouvrages numériques en accès ouvert.

Plus largement, la revue lancera des appels à contribution ouverts nationalement et internationalement. Selon les choix qui seront faits par le comité de rédaction, des numéros pourraient être consacrés spécifiquement aux travaux d’équipes partenaires ou à des groupements scientifiques, comme le gis-UTSH, ou encore à d’autres équipes constituées autour de projets de recherche pluriannuels :

ÉQUIPES :
 
 
 
 

Les tags thématiques transversaux

Les tags thématiques & transversaux aux rubriques permettent de regrouper des publications relatives à des sujets communs ou comportant des aspects thématiques communs mais édités dans des rubriques différentes.

Autant les types documentaires sont précisément définis, autant les tags le sont peu, intitulés et choisis de façon plus intuitive, surtout pour aider les visiteurs à retrouver rapidement ce qui peut les intéresser dans un corpus des publications appelé à grossir d’années en années. Les intitulés de tags tentent de ne pas dupliquer ceux des rubriques, mais sans systématicité, puisque les tags servent aussi à affiner les regroupements thématiques de publications (des travaux relevant en partie du thème d’une rubrique peuvent avoir été publiés dans d’autres rubriques) :

Les auteurs

L’indexation par auteurs est active et permet de repérer rapidement, en bas de colonne de droite, les autres publications du même auteur dans les Cahiers Costech. Mais la revue ne crée pas de page de présentation détaillée de chaque auteur, ceci afin d’alléger la charge de travail éditorial : elle présente succinctement chaque auteur, dans chaque publication, avec une photo et un bref descriptif en renvoyant, par lien hypertextuel, vers une page personnelle à l’extérieur au site.

Les activités

Les activités correspondent à un index initialement envisagé dans la conception du site mais peu utilisé dans ce numéro 1 sauf pour signaler les publications directement reliées aux activités scientifiques du gis-UTSH : http://www.costech.utc.fr/CahiersCOSTECH/spip.php?mot89

3. Une réelle valorisation du travail scientifique, collectif

Les débats publics actuels sur le thème de la « science ouverte  » incitent à mettre à disposition du public des productions intermédiaires de la recherche. La notion de « données brutes » de la recherche est parfois obscurcie par des confusions entre le concept de « données » en sciences de la technique et de la matière et ce qu’il peut évoquer en sciences humaines et sociales.

Souvent contraints, déontologiquement ou juridiquement, de respecter l’anonymat de leurs sources d’information ou des personnes, physiques ou morales, qu’ils étudient, les chercheurs en SHS peuvent néanmoins présenter des productions intermédiaires susceptibles de servir à d’autres chercheurs d’une part et à un public plus large d’autre part. Mais la prolifération de productions intermédiaires dans le plus grand désordre, que ce soit sur un web en accès ouvert devenu océanique ou dans des dépôts d’archives à la croissance exponentielle, produit de multiples effets pervers de confusion des types documentaires voire de dévalorisation symbolique des publications et aussi de noyade des lecteurs peu spécialisés.

A contrario, les Cahiers Costech expérimentent une dispositif d’accès ouvert à la science, en SHS, donc à ses publications intermédiaires (travaux intermédiaires) et finales (par réédition notamment), plus artisanal qu’industriel, destiné moins à alimenter le flot croissant des données massives (big data), qu’à valoriser spécifiquement certains corpus de productions, dans un segment spécifique de la recherche, selon des modalités de travail éditorial soigné, attentif aux auteurs et à leurs besoins autant qu’à leurs contraintes.

Relectures et validations collectives

Contrairement à d’autres dispositifs éditoriaux de travaux intermédiaires ou de réédition en accès ouvert, celui conçu pour les Cahiers Costech inclut une relecture systématique de tous les travaux avant validation pour publication. Près du quart des propositions de publications ont été écartées de ce numéro 1, à la date de son lancement, soit parce que les contenus du document proposé ne correspondaient pas aux définitions des champs thématiques des rubriques soit parce que l’état de présentation du document a été jugé insuffisant pour la publication.

Les responsables de rubriques déterminent les règles de relecture qu’ils souhaitent mettre en œuvre dans leurs rubriques respectives ; ces règles peuvent donc différer d’une rubrique à une autre. La tendance observable à travers les pratiques des différentes rubriques, lors de la préparation de ce premier numéro, est à deux relecteurs (autre que l’auteur) pour chaque publication. Les relectures peuvent avoir été faites sous double-anonymat ou non, selon les rubriques et les publications.

Selon le type documentaire, le degré d’exigence dans la relecture commentée des documents et la discussion avec l’auteur avant la validation finale a varié notamment en fonction des types documentaires : un « chapitre réédité » n’est pas relu de la même façon qu’un « working paper », une « communication orale enregistrée » ne l’est pas non plus de la même façon qu’une « note de recherche ».

Dans tous les cas, les relecteurs ne sont pas décideurs pour la revue mais conseillers des responsables de rubriques pour la décision à prendre (de publier ou d’écarter un article) et, également, conseillers de l’auteur pour améliorer sa publication lorsqu’elle est acceptée.

Il reviendra au Comité de rédaction de faire le bilan de ce premier numéro et de discuter a posteriori des diverses modalités de relecture et validation dans la revue voire de suggérer d’éventuelles adaptations.

Des travaux intermédiaires de valeur, du travail scientifique collectif

Beaucoup plus que de simples lignes noyées dans des listes devenues immenses produites par des index algorithmiques dans des bases de données documentaires, chaque publication des Cahiers Costech , quel qu’en soit le type documentaire, a été traitée par la revue comme un fin en soi, non comme un simple moyen : chacune a pu faire l’objet de relectures et de discussions, chacune a pu ou pourra faire l’objet d’enrichissements éditoriaux (par insertion d’iconographies, de vidéo, de liens…), chacune à fait l’objet d’une mise en ligne soignée tendant à une valorisation visuelle, graphique et stylistique et respectant les vœux de l’auteur en termes de présentation et même, souvent, d’indexation. Chaque publication a donnée lieu à réflexion collective au regard du champ scientifique global de la revue et au regard du champ thématique spécifique de la rubrique de publication. Chaque publication a été réfléchie également en ce qui concerne ses contenus et l’opportunité ou non de les publier ainsi qu’au regard du type documentaire précisément défini et explicité dont elle relève.

L’ensemble de la production ainsi publiée ne relève ni seulement d’une logique de technologie éditoriale ni seulement d’une logique individuelle de publication : elle résulte d’un travail scientifique collectif sur les modalités et sur les contenus scientifiquement susceptibles d’être utilement mis à disposition des communautés scientifiques et du grand public. Par l’ensemble des échanges préparatoires, antérieurs à la création de la revue, par l’ensemble des échanges qui ont eu lieu entre les auteurs et les responsables de rubriques durant la préparation du numéro 1, par l’ensemble aussi des discussions latérales au sein du centre de recherche au fur et à mesure de la mise en ligne des publications… ce numéro a été l’occasion d’un vaste travail collectif au sein d’un centre de recherche et des réseaux qui le relient à ses partenaires.

Bien loin d’être une plateforme standardisée pour auto-publications ou dépôts en vrac, le design technologique des Cahiers Costech a fait l’objet de multiples étapes de conception pendant près d’un an de discussions. Les chercheurs ont pu s’approprier le dispositif et l’orienter en fonction de leurs réalités professionnelles. Ce travail se poursuivra dans le cadre du Comité de rédaction, tant sur la définition des critères de validation des publications que sur la configuration du site qui sera amendée régulièrement (probablement chaque année durant les premières années), en fonction des observations faites à l’occasion de son utilisation et des réactions des visiteurs, via les multiples réseaux d’échanges scientifiques.

Le corpus à un sens qui ne se réduit pas à celui d’une opportunité technologique d’éditorialisation. Ce corpus se définit par référence à un domaine scientifique très spécifique : celui des recherches en sciences humaines et sociales sur la technologie. Il correspond au projet scientifique d’une communauté scientifique. Il favorise les relectures croisées au sein de cette communauté quand la dissémination des publications, au contraire, même dans des bases de données structurées mais devenant gigantesques, les réduit. Il permet une réelle et durable appropriation par les chercheurs de leurs propres publications, tous les participants à la revue étant d’une certaine façon copropriétaires de celle-ci, et l’organisation pluraliste interne leur assurant un réel contrôle sur tous les aspects techniques et intellectuels du devenir de la revue dans le futur. Cette logique de corpus, mais aussi d’indépendance et de travail collectif devrait favoriser les synergies au sein d’une communauté scientifique appelée à s’étendre bien au-delà du laboratoire d’origine.

4. Des recherches technologiques en sciences humaines et sociales

La première rubrique thématique de ce numéro présente des travaux issus d’un projet de recherche financé sur fonds régionaux et européens, le projet « HomTech ». Cette rubrique est typiquement une « rubrique ponctuelle », spécifique à ce numéro 1 ; elle sera fermée à l’achèvement du projet.

Les huit rubriques thématiques suivantes ont été ouvertes à l’initiative de chercheurs du Costech-UTC et d’Interact-UniLaSalle. Elles devraient réapparaître dans les prochains numéros ; ce sont des « rubriques récurrentes ».

Les trois dernières, « Varia », « Doctorats, Habilitations », « Ouvrages reçus » seront probablement des « rubriques permanentes ».

L’ordre de présentation des rubriques n’a pas de signification importante en soi, si ce n’est, pour la rubrique ponctuelle « HomTech » ainsi mise en avant et pour les trois dernières au statut spécifique ; quant aux huit autres elles sont présentées selon une certaine alternance des thématiques qui traversent le domaine scientifique des Cahiers Costech.

HomTech (Sciences de l’HOMme en univers TECHnologique)

« Sciences de l’HOMme en univers TECHnologique » : le programme HOMTECH répond à l’appel à « Projets de recherche thématiques & structurants - 2014 » de la Région Picardie. Présenté et coordonné par le Costech, il procède d’un partenariat réunissant des chercheurs du Costech-UTC et des chercheurs de l’équipe Picar-T devenue entretemps INTERACT de l’UniLaSalle. Une partie importante des travaux du programme HOMTECH ont été mis en discussion dans des séances du séminaire du gis-UTSH. L’objectif principal du projet HOMTECH est d’étudier les spécificités épistémologiques, historiques, techniques et sociologiques de la recherche en SHS lorsqu’elle prend place en environnement technologique (universités et écoles d’ingénieurs).

Responsable de la Rubrique : Pierre Steiner

Capitalisme cognitif

Nous vivons aujourd’hui une révolution, qui nous fait « basculer d’une économie fondée sur l’échange et la production à une nouvelle économie de pollinisation et de contribution ». Voilà ainsi formulées la sortie du capitalisme industriel et l’entrée dans le capitalisme cognitif. Cette nouvelle grande transformation n’acte pas une sortie du système capitaliste mais l’entrée dans son troisième stade (après ceux, mercantiliste et industriel) caractérisé par un nouveau régime d’accumulation, les immatériels, et une nouveau mode de production fondé sur la production cognitive en réseau, décentralisée. Le maintien d’une logique d’exploitation et de valorisation marchande de cette production cognitive atteste en quelque sorte à la fois du maintien de la dynamique capitaliste mais également de son renouvellement profond dans l’orientation de son appropriation de la valeur créée.

Démocratie et numérique

Cette rubrique présente des recherches procédant d’approches socio-politiques et philo-politiques qui envisagent le numérique comme instrument d’actions publiques et/ou d’actions militantes référées aux idées de participations citoyennes (démocratie participative, démocratie technique, démocratie numérique....). Il s’agit notamment de comprendre comment les citoyens s’expriment sur ces sujets, s’approprient voire subvertissent les dispositifs numériques de communications ou de contrôle des communications. Il s’agit également d’élargir les recherches sur les controverses du champ des institutions législatives et administratives vers le champ des discussions publiques, des actions sociétales, jusqu’à celui des “réactions esthétiques” ordinaires (rejet, dégoût, silence, rassemblement festif contestataire, interventions artistiques...), en attirant l’attention sur la variété de méthodes et de raisonnements pratiques mobilisées par les participants. Il s’agit enfin d’examiner ce que le numérique induit comme représentations sociales et pratiques sociales porteuses de reconsidérations dans les conceptions de la démocratie.

Responsables de rubrique : Clément MABI, Julien ROSSI

Philosophie des techniques

La philosophie des techniques est devenue une branche à part entière de la discipline « philosophie », au même titre que la philosophie des sciences par exemple. Elle a connu un essor considérable à l’échelle internationale ces quarante dernières années, porté par des communautés dynamiques et structurées autour de sociétés savantes, de départements universitaires et de centres de recherche dédiés, de revues spécialisées, de congrès et colloques très nombreux etc. En France, la philosophie des techniques bénéficie d’une moindre reconnaissance institutionnelle et n’est pas aussi développée qu’ailleurs. La situation est toutefois en train de changer et une communauté de chercheurs, très hétérogène au demeurant, est en voie de constitution. Des postes d’enseignants-chercheurs sont désormais fléchés en philosophie des techniques, des programmes de recherche sont en cours. L’UTC abrite depuis 2017 une société savante, la Société Francophone de Philosophie de la Technique. Dans ce contexte, la rubrique « Philosophie des techniques » des Cahiers Costech a pour vocation d’éditer tout type de document (articles, travaux en cours, synthèses de colloques, rapports, mémoires etc.) susceptible de donner une visibilité à la recherche en philosophie des techniques de langue française et au dynamisme de cette jeune communauté en émergence.

Responsable de la Rubrique : Xavier Guchet

Soutenabilité sociétale et environnementale de l’innovation

Il ne se passe plus un jour sans que les mots « innovation » et « durabilité » ne soient discutés au sein de nos sociétés et de ses différentes organisations. L’accueil de "l’innovation technologique" et de la "durabilité économique" s’y présente souvent comme une évidence, si bien qu’elles continuent à constituer des thèmes de recherche, de recherche-actions clés. "Durabilité économique" et ’"innovation technologique" ne souffrent point de vulgarisation ou de publicisation, presque à tous les niveaux de la réflexion et de l’action qu’elle soit publique ou privée ; ce qui n’est pas le cas des autres catégories d’innovations et de durabilité et plus encore de "soutenabilité". C’est ainsi, que dans une démarche pionnière, cette rubrique se propose d’accueillir et de publier des travaux axés sur la soutenabilité sociétale et/ou environnementale des innovations ainsi que leur inscription dans une perspective de "développement durable". Toutes les contributions d’ordre théorique, conceptuel, opérationnel, empirique… qui permettent une avancée de la connaissance sur ces sujets, que nous ne souhaitons plus voir « délaissés » à un niveau avancé de la recherche et de l’action sont les bienvenues. Les contributions des jeunes chercheur-e-s sont fortement encouragées.

Évolution agrotechnique contemporaine

Pourvoyant la société en nourriture, matériaux, énergie et divers services, l’agriculture est une activité économique majeure traversée par de différents enjeux sociétaux, et aussi le lieu de multiples interactions entre l’homme (l’agriculteur et ses réseaux sociotechniques), le vivant animal et végétal, les techniques constituantes et constituées, le tout s’inscrivant dans l’espace de communautés humaines tant rurales qu’urbaines. Pour l’activité agricole, ces dimensions constitutives et constituantes de la technique, prise dans son sens simondonien, sont contingentes aux conditions concrètes de son déploiement spatial et institutionnel sur le temps long. L’agriculteur mobilise en effet le vivant, agit à la fois sur et avec le vivant, dans un espace donné. L’activité agricole s’opérationnalise donc en système où territoires et acteurs définissent, et redessinent en permanence, leurs espaces de configurations et d’interactions sociotechniques. Comprendre le fait technique agricole et son évolution c’est donc tenter de saisir ce mouvement et sa généalogie, dans ces différents espaces constitutifs et constituants. C’est également tenter d’appréhender le fait que ces transformations agrotechniques sont un vaste champ des possibles, avec de nombreuses opportunités permises par les potentialités quasi infinies d’invention, d’innovation, de concrétisation, solutions souvent implémentées par les agriculteurs eux-mêmes. Cette rubrique entend proposer des textes qui interrogent les sens que peuvent prendre ces transformations de la technique dans l’agriculture contemporaine, à partir de regards croisés de chercheurs en histoire et philosophie des techniques, en sociologie des techniques, en économie de l’innovation agrotechnique, en sciences de la décision et de l’action agricole, mais également à partir de témoignages et de récits d’agriculteurs impliqués dans ces transformations.

Responsable de la rubrique : Loïc Sauvée

Education et numérique

Cette rubrique regroupe des contributions qui interrogent les liens qui se tissent entre les domaines de l’éducation et du numérique. Parce que ces objets et ces champs sont maintenant régulièrement étudiés et documentés, il s’agira ici d’aller au-delà d’un déterminisme socio-technique pour donner à voir des approches et des réflexions multi/inter/transdisciplinaires de ces questions qui dépassent les simples constatations d’évidentes apparences. Qu’il s’agisse de l’introduction et des usages du numérique à l’école, au lycée, à l’université, dans la formation pour adulte ou pour la formation permanente, il nous semble que les approches multiréférentielles et situées permettent une analyse plus fine de la diversité des dispositifs techniques et aussi institutionnels observés et constituent des leviers pertinents à l’étude et à la compréhension de leurs enjeux pédagogiques, techniques, cognitifs, sociaux, économiques, politiques et philosophiques.

Responsables de la rubrique : Florent Pasquier, Michaël Vicente

Suppléance perceptive et cognition sociale

Les dispositifs de suppléance perceptive sont une occasion originale et puissante pour une étude empirique expérimentale de la constitutivité technique de l’expérience humaine. Depuis les opérations cognitives, perceptives ou réflexives, jusqu’aux activités de la cognition sociale nous accueillerons ici les travaux qui, dans un dialogue avec la phénoménologie, cherchent à dégager les mécanismes de la constitution du sens vécu. Ces recherches technologiques, à la fois phénoménologiques et expérimentales, pourront concerner aussi bien la compréhension des mécanismes fondamentaux, biologiques et techniques, de la cognition individuelle ou collective, que le design d’innovations pratiques et socialement pertinentes.

Responsables de la rubrique : Gunnar Declerck, Gaëlle Garibaldi, Charles Lenay

Littératie numérique

Nous entendons par littératie numérique un ensemble de connaissances et de compétences - susceptibles d’être enseignées - relatives aux spécificités de la technologie numérique et des transformations de pratiques qu’elle induit. L’enjeu de ces recherches est de rendre visible le milieu numérique contemporain, de façon à rendre possible une posture critique permettant d’y agir et d’y interagir de manière éclairée. Il s’agit ainsi de construire des éléments d’une littératie numérique qui ne se réduise pas à une maîtrise des outils mais qui repose sur une compréhension de leurs conditions de possibilités techniques, des transformations qu’elles induisent pour les pratiques et de leurs conséquences socio-politiques.

Responsables de la rubrique : Serge Bouchardon, Isabelle Cailleau, Stéphane Crozat

Varia

La rubrique "Varia" publie, après relecture et validation, des travaux n’entrant pas dans les champs thématiques des autres rubriques des Cahiers Costech, dès lors que ces travaux sont reliés au domaine scientifique de la revue, tel que définit lors de sa création (cf. : "à propos") : "Le domaine scientifique de référence des « Cahiers Costech » correspond à l’ensemble des travaux relatifs aux recherches technologiques en SHS, il coïncide notamment avec le domaine de recherche du Costech-UTC et peut également faire place à des annonces d’évènements futurs ou de publications réalisées à partir d’autres centres de recherche."

Responsable de la rubrique : Hugues Choplin

Doctorats, Habilitations

Cette rubrique présente les mémoires de thèses, soutenus pour l’obtention des diplômes de doctorat (Dr) ou d’habilitation à diriger des recherches (HDR) par des membres du Costech. L’introduction des mémoires est publiée dans la page de présentation qui contient également le mémoire en texte intégral en fichier joint ou l’url permettant de télécharger ce mémoire.

Responsables de la Rubrique : Guillaume CarninoCelya Gruson-Daniel

Ouvrages reçus

La rubrique « Ouvrages reçus » présente les livres et numéros de revues envoyés au responsable de rubrique ou à un-e autre membre du Costech-UTC et entrant dans son domaine scientifique. Les formes de présentation sont variables : recensions avec discussion, simples résumés ou présentations d’éditeurs, discussions critiques approfondies, parties d’ouvrages publiées avec autorisations des éditeurs et auteurs... Les ouvrages peuvent être envoyés en format numérique (jerome.valluy@utc.fr) et/ou en format papier (J.Valluy, 32 avenue de la Libération, F-60200 Compiègne). Tous les ouvrages reçus entrant dans le domaine de recherche du Costech-UTC sont présentés, a minima par éditorialisation de la présentation d’éditeur, et, le cas échéant, transmis à l’un-e des chercheur-e-s du laboratoire pour une recension détaillée. Lorsque les recensions comportent plus que de simples résumés et ouvrent des discussions sur les ouvrages, les auteurs des ouvrages peuvent répondre, sur la même page, et sont invités à le faire. Les ouvrages n’entrant pas dans le domaine du Costech-UTC ne sont pas renvoyés.

Responsable de la rubrique : Jérôme Valluy